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5072008

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5072008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelles Benoit Oger
L’horizon par hasard
Sa tête dépasse à peine des oyats. Elle scrute attentivement la mer. L’horizon, sa part de mystère, son infini. Pas un bateau en vue, pas un petit bruit de moteur ou un morceau de voilure battant au vent. Rien, une mer huileuse et noire comme le ciel. Un bord de mer silencieux. La pluie soudain, violente, forte, indécente, qui vient frapper le visage et le corps de Christelle. Elle reste immobile face au déchaînement de la nature. Se faire fouetter par le vent ne lui déplaît pas, elle aime quand la nature se déchaîne, cela lui rappelle un moment particulier de sa vie. Elle a juste un peu soif et cherche un peu de salive au fond de sa gorge. Elle ne trouve que le goût du sperme de Jean-Louis. Elle le trouve salé, plus salé que les autres, c’est normal pense-t-elle pour un pêcheur… Un peu plus tôt dans la matinée, Jean-Louis s’était arrêté à sa hauteur, il avait baissé la vitre droite de son véhicule et lui avait demandé si elle avait cinq minutes. Christelle avait regardé au loin vers la mer et ouvert la porte de la voiture. Entre deux dunes, elle avait mis le sexe de Jean-Louis dans sa bouche et puis fait ce qu’elle avait à faire sans plus se poser de question. C’est comme ça avec Christelle, elle fait plaisir aux hommes… Elle a quitté son travail à l’usine où elle était chargée de mettre de la poudre de galets en sac. Elle avait la tête ailleurs, les galets lui rappelaient la mer alors elle partait en pleine journée se poster sur les dunes.

 

Les cris. De son père, qui sait qu’elle est là à scruter l’horizon. A mourir d’envie qu’il se passe la même chose. Il s’est approché avec son ciré jaune et il a posé sa main poisseuse sur son épaule. Non, il ne se passera rien aujourd’hui. Viens, ne reste pas là. Plus bas, il y a juste des poissons qui attendent de se faire manger par des phoques. Les phoques, elle les a même oubliés ! Elle ne les voit plus, alors qu’elle adorait les observer quand ils sont apparus dans la baie. Cet après-midi, peut-être, il y aura du nouveau. Il la soulève pour qu’elle vienne déjeuner avec les maigres poissons qu’il vient de pêcher. (La suite…)







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